Le forage horizontal dirigé intervient par exemple pour les poses sur de longs parcours, les siphons inversés et les franchissements de bâtiments, les ouvrages de drainage et d’irrigation, la pose de câbles reliés à des systèmes de guidage du trafic routier et les travaux de stabilisation des pentes ou de consolidation des digues. L’orientation du forage s’effectue par une rotation de la tête de forage pilote à l’intérieur du trou. Une cavité souterraine est alors percée par jet d’eau.

Projetée sous forte pression de la tête de forage, une boue de forage ameublit le sol et expulse hors du trou le matériau déblayé. La composition de cette boue est adaptée aux différents sols et, outre le minéral argileux qu’est la bentonite, peut inclure d’autres agents renforçant par exemple la solidité du canal de forage.

En fonction du diamètre de la conduite à installer, le forage pilote doit être suivi de plusieurs forages d’élargissement permettant une préparation adéquate du canal de forage à la propulsion du tube. Un système à percussion adapté aux sols pierreux atteignant la catégorie 5 et partiellement 6 facilite non seulement la progression, mais aussi le pilotage. Si un forage à travers la roche est nécessaire, un moteur de forage équipé de trépans à molettes est placé à l’avant.

La fiche technique GW 321 de la Société allemande de l’industrie du gaz et des eaux (DVGW) ‒ Forage horizontal dirigé pour les réseaux de gaz et d’eau ; exigences, garantie de la qualité et contrôle ‒ spécifie que la réhabilitation de réseaux d’eau potable réclame des conduites présentant un échelon de pression minimum de 10 bars. Durant leur introduction, les tubes ne doivent pas subir des contraintes supérieures aux forces de traction autorisées. Selon la fiche technique GW 321 émise par la DVGW, ou, le cas échéant, sur demande du maître d’ouvrage, les forces de traction s’exerçant directement sur la conduite de fluide doivent être mesurées et faire l’objet d’un protocole. La prise de mesure s’effectue à l’aide d’un dynamomètre de traction monté en amont du tube à tirer. En raison des contraintes mécaniques accompagnant cette technique de pose, il est recommandé d’avoir recours uniquement à des conduites de la série SDR 11, en particulier pour les tubes de faibles diamètres.

La longévité de la conduite posée avec cette technique dépend de son degré d’intégrité. Le matériau tolère des altérations sur une profondeur inférieure à 10 % de la paroi du tube ; au-delà, un raccourcissement de la durée de vie est à prévoir. Aussi, la fiche technique GW 321 rédigée par la DVGW prescrit le recours aux conduites à manteau protecteur.